Header

Zopito

Zopito, je suis un activiste culturel

Chapeau : Zopito est un l’un des acteurs culturels les plus connus. Il est le promoteur du festival de musique Afrobeat qui se tient chaque année du côté du plateau omnisport de Tampouy. Il revient dans cet entretien qu’il a accordé à BurkindiMix sur l’idée de ce festival, les particularités de cette cinquième édition et les difficultés qu’il rencontre dans l’organisation de ce grand évènement.

 Pouvez-vous nous faire une présentation de la personne de Zopito ?

A l’état civil mon nom est Jean Marie Nabi. Je me définis comme étant un activiste culturel, c’est-à-dire quelqu’un qui se bat pour que la culture soit prise en compte dans les programmes de développement en tant que secteur prioritaire. De plus en plus, l’on parle d’industrie culturelle et l’ensemble des acteurs de ce secteur à travers leurs activités diverses apportent beaucoup pour le développement économique du pays. Zopito c’est aussi un passionné de la communication, un présentateur télé et d’évènements culturels comme les concerts et les mariages. Je suis également un promoteur culturel qui organise des évènements pour son propre compte et pour le compte de ses clients notamment l’agence art et communication. Zopito c’est aussi un manageur d’artistes, du groupe Gombo.com et de Davide le Combattant notamment à ses débuts.

Comment est venu l’idée d’un festival de musique afrobeat ?

Il cinq ans, l’idée première était d’organiser un évènement du nom « l’Afrique de demain » à l’intention des enfants. Puis connaissant mon admiration pour Fella Kuti, la suggestion m’a été faite par un ami d’organiser un mouvement culturel afrobeat. Je me suis dit, pourquoi pas un festival de musique qui mettrait à l’honneur ce genre musical panafricain réalisé avec des sonorités et mélodies du continent et qui s’exporte bien de nos jours.

Au regard des précédentes édition du festival afrobeat, se sont succédés sur scène différents genres musicaux. Pensez-vous que le genre musical afrobeat est suffisamment mis à l’honneur dans ce festival ?

Il est vrai le terme d’afrobeat renvoi à ce genre musical crée par Fella pour revendiquer la capacité créatrice du peuple noir. Mais ici, nous lui donnons une connotation large. Il représente l’ensemble des rythmes et sonorités qui portent une identité africaine. Partant de là toute musique burkinabé peut être joué sur le plateau de ce festival y compris la tendance urbaine africaine qui d’ailleurs est très consommé par le public ouagalais.

Qu’est-ce qui est réservé au public ouagalais pour cette 5ème édition du festival de musique afrobeat ?

C’est année sera particulière, c’est l’édition de la maturité. Il y aura beaucoup d’innovation à commencer par la scénographie même du quartier Tampouy. Avec l’appui de la mairie de l’arrondissement, il y aura des fanions, des enseignes lumineux pour embellir et présenter un visage festif de Tampouy quelques jours avant l’évènement. La scène du festival prend de l’envergure avec un podium de quatorze mètres sur quatorze, deux mètres de hauteur et un chapiteau. La puissance de la sonorisation sera amplifiée et la décoration digne d’un grand festival. C’est la première fois qu’un tel arsenal artistique sera déployé à Tampouy. Des échanges sont prévu entre les artistes émergents et leurs ainés afin que les premiers s’approprient de l’expérience de ceux qui ont déjà fait leurs preuves sur la scène musical de notre pays.  Des échanges auront également lieux entre le Bureau Burkinabé des Droits d’Auteurs (BBDA), les artistes musiciens et les tenanciers de maquis.  Ceux-ci auront l’occasion de savoir pourquoi ils doivent payer pour des droits d’auteurs. Explication aussi sera donnée aux artistes sur les clés de répartition des revenus lié aux droits d’auteurs.

Quels seront les moments marquants de ce festival ?

Dez Altino, un artiste populaire et international dans un quartier populaire, en live sera un grand moment à ne pas manquer. Ismael vitalo, un artiste dynamique et explosif sur scène qui va apporter une touche reggae avec Freeman Tampily une révélation musical. Dicko Fils kundé d’or et bien d’autres artistes de renom vont également cristallisés les attentions. Autre fait marquant attendu, c’est la rue marchande qui l’année dernière a drainé 5000 festivaliers par jour. Cette année 7000 personnes sont attendues par jour sur le site du festival qui en conséquence a été agrandi.  La cérémonie d’ouverture sera rehaussée par la présence du ministre de la culture, du PDG de la cave Simporé, du directeur général du BBDA, et du parrain artistique Abidine Dioari. Il y aura la présence d’une étoile montante de la musique mandingue du Mali en la personne de Awa Fanta Diabaté qui livrera deux prestations avant son grand show au festival.

Le festival de musique Afrobeat est un grand évènement aujourd’hui et cela ne se tient pas sans grandes difficultés on imagine !

Evidemment, la difficulté première est la mobilisation des ressources financières. Sur ces dernières années le pays a traversé des moments difficiles qui ont eu des répercussions sur l’économie nationale. Les entreprises qui ont pour coutume de sponsoriser ce genre d’évènements en pâtissent et deviennent moins à l’aise à accompagner les promoteurs d’évènements. La deuxième difficulté, est au niveau de la sonorisation. Avec un appareil de plus de 5000 watt, il faut faire attention à ne pas heurté les sensibilités dans ce quartier populaire. Un travail de d’information et de sensibilisation a été initié auprès de la population environnante afin de prévenir les conflits dûs aux bruits, mais aussi pour faire comprendre les retombés positives pour le quartier en terme économique et de notoriété.

Pourquoi le choix de ce quartier Tampouy pour accueillir ce festival ?

Tampouy est devenu mon village. J’aime bien le quartier et cela fait plus d’une dizaine d’année que j’y habite et donc c’est tout naturellement que je m’évertue à faire rayonner culturellement Tampouy à l’instar de Goughin avec « les Récréatales », « Rendez-vous chez nous ». De façon générale c’est le pays qui gagne parce qu’il est considéré comme l’un des pays les plus dynamiques culturellement. Pour nous, c’est une fierté de voir le monde entier se déplacer vers Tampouy qui est un quartier plein de vie et qui donne l’impression d’être le plus grand de Ouagadougou. Nous nourrissons même le rêve de voir un jour d’illustres personnages comme Alpha Blondy, Magic Système joué à Tampouy.

De plus en plus d’évènements de ce type ont lieu dans notre pays et à Ouagadougou en particulier. Selon vous cela est-il le signe d’un dynamisme culturel ou pourrait-on dire que l’on fête beaucoup à Ouagadougou ?

Ouagadougou est l’une des villes les plus difficiles et on sait qu’il n’est pas facile quotidiennement à un jeune de faire face au coût de la vie dans cette ville. De temps en temps il est bon de déstresser. Il n’y pas que l’aspect festif, il y le fait de mettre sur un piédestal la musique locale. Les gains économiques de ce type d’évènement sont énormes pour le pays. Un évènement comme le FESPACO a un apport considérable sur l’économie nationale. Les festivals sont aujourd’hui de véritables circuits économiques parce qu’ils permettent d’établir des contacts, de tisser des liens entre des producteurs artisanaux locaux et d’éventuels clients étrangers. Cela constitue des débouchés importants pour les produits locaux. Joindre l’utile à l’agréable en esquissant des pas de dance n’est pas mauvais en soi.

Quel effet cela vous fait d’être nominé aux FASO MUSIC AWARDS (FAMA) dans la catégorie « meilleur journaliste culturel de l’année » ?

Je suis bien évidement heureux de cette nomination. J’aurais été plus à l’aise si la dénomination avait été tout autre comme meilleur animateur culturel car je ne suis pas un journaliste culturel. Au regard de ce que je fais je suis plutôt un animateur culturel. Toute de même je comprends l’esprit qui est recherché dans cette nomination des FAMA et je remercie ceux qui ont eu l’aimabilité de penser à ma modeste personne. Au-delà du talent lié à ma personne, c’est ma télé qui doit en porter les honneurs car c’est à cause du travail abattu par ceux qui y travail que je suis nominé.

Avez-vous un appel à lancez à l’endroit des festivaliers qui y seront présent à Tampouy ?

D’abord nous sommes fiers de faire de Tampouy le point de convergence des ouagalais et de plusieurs personnes venues de l’étranger. Je demande à toute les fans de musique et du live en particulier, a ceux qui aiment les bons mets locaux, à faire massivement le déplacement du côté du plateau omnisport de Tampouy sis derrière la mairie de l’arrondissement n°03 du 22 au 26 mars pour découvrir Tampouy et toute l’arsenal artistique et culinaire mis en place pour les faire passer de bons moments. A toute les bonnes volontés qui peuvent nous aider à tenir l’évènement nous leur souhaiterons la bienvenue et nous sourions les reconnaitre comme des personne qui aiment la culture de notre pays. Je voudrais par ailleurs faire cette remarque. De plus en plus de jeunes se mettent au diapason de qui se fait de mieux au plan technique et technologique et ont des initiatives pour le développement du pays. Les autorités devraient les accompagner tout en leurs donnant la chance de pouvoir exposer leurs savoir-faire, cela participera au développement du pays.

Voulez-vous faire des remerciements pour terminer ?

Je voudrais remercier sans distinction toute les personnes qui ont épousé l’idée de ce festival. En particulier je remercie mon premier sponsor, la population de Tampouy. Grand merci également à ce monsieur qui a fait tant de bien à la culture depuis son arrivé à la tête du ministère, monsieur Tahirou Barry par ailleurs patron de l’évènement. Merci à monsieur Bara Walid directeur général du BBDA qui à apporter du sang neuf à cette institution et qui je le souligne à une longue histoire avec ce festival, c’est mon bon grand frère. Merci aussi au PDG de la cave Simporé coparrain de l’évènement, un monsieur très accessibles, compréhensible qui au-delà de son âge est plus jeune que moi dans sa façon de voir les choses. Merci à Abidine Dioari parrain artistique du festival depuis la première édition et qui ne ménage aucun effort pour faire de l’évènement une vraie réussite. Merci à l’ONATEL, ISEC, à Lausanne, à ma télé BF1, à toute la presse et particulièrement à BurkindiMix qui travaille à donner plus de visibilité à cette cinquième édition du festival Afrobeat. Grand merci aux artistes qui sous la base de la collaboration qui existe entre eux et moi fond preuve de beaucoup de compréhension et mette du sien pour la réussite de l’évènement.

0

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

1